Les Arméniens d’Avignon

Sharing is caring!

Arméniens d'Avignon

Les Arméniens d’Avignon

Au cœur de la Provence

Le Vaucluse est un des plus beaux départements français. Il s’étend de la vallée du Rhône jusqu’au parc naturel régional du Verdon et bénéficie de plus de 300 jours de soleil par an. La variété de ses paysages est aussi particulièrement unique au sein d’un même département.

Le massif du Lubéron, peu élevé, est connu pour ses abbayes, ses vins et ses villages de charme. L’un d’eux, Gordes, figure parmi les plus beaux villages de France. Le mont Ventoux, qui s’élève à 1 912 mètres d’altitude, est connu pour être l’étape la plus difficile du Tour de France à vélo. Sans oublier Carpentras, la troisième ville du département, au centre-ville en forme de cœur, au pied du Mont Ventoux.

La préfecture du Vaucluse est Avignon, sur les bords du Rhône. Classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, la ville est surnommée la « Cité des papes » pour avoir temporairement remplacé Rome comme lieu de résidence papale au XIVesiècle. Son palais des Papes est la plus grande des constructions gothiques du Moyen Âge.

Jean Althen, l’agronome d’Arménie

Le Vaucluse des Arméniens se visite en commençant par Avignon. En vous promenant derrière le palais, sur le Rocher des Doms qui surplombe la ville, cherchez la statue d’un certain Jean Althen. De son vrai nom Hovhannes Althounian, cet agronome arménien est né dans la province perse du Nakhitchevan aux alentours de 1710. Son père était diplomate de l’Empire perse. Suite à la mort de son père, il quitte sa terre natale mais est fait prisonnier sur les rives de la mer Noire. Il est vendu comme esclave et passe quinze ans dans des plantations de garance, une plante alors inconnue en Europe occidentale. Ensuite, il parvient à s’évader et embarque dans un bateau de Smyrne vers Marseille. Il utilise alors ses compétences agronomiques et des terres lui sont accordées par le roi Louis XV pour tenter de cultiver du coton dans le sud de la France. Pour plusieurs raisons, il doit abandonner le coton, et c’est la culture de la garance dans le Vaucluse qui fait sa renommée. La garance est rapidement devenue essentielle, abondamment utilisée pour teindre les vêtements, notamment les uniformes de l’armée jusqu’à la Première Guerre mondiale. Il décède en 1774.

Dès 1821, une plaque est érigée à son nom : « À Jean Althen, Persan, introducteur et premier cultivateur de la garance dans le territoire d'Avignon ». Le village d’Althen-des-Paluds, à côté d’Avignon, qui fut le centre de la culture de la garance, porte depuis 1845 le nom de l’agronome. Sa statue s’y trouve sur la place de l’hôtel de ville.

Les Arméniens d’Avignon aujourd’hui

Quelques centaines de réfugiés arméniens débarqués à Marseille dans les années 1920 se sont installés à Avignon. On estime qu’environ 3 000 Arméniens vivent encore dans le Vaucluse et quelques communes avoisinantes. Les évènements communautaires sont organisés par l’Association Franco-Arménienne d'Avignon et sa Région (AFAAR), créée en 1979.

En 2007, un khatchkar a été inauguré en présence de l’ambassadeur d’Arménie Edward Nalbandian et du recteur de la cathédrale arménienne de Marseille, le Révérend Père Zadig Avedikian. Il se trouve dans le square Agricol Perdiguier, dans le centre-ville d’Avignon, juste derrière le temple protestant Saint-Martial.

En remontant la rue de la République, vous pourrez vous arrêtez au snack Avedis, mais l’idéal est de continuer dans la vieille ville jusqu’à la place des Carmes. La petite terrasse ombragée de la Taverne Avedis est l’endroit idéal pour profiter des douceurs de l’été.

Vous pourrez poursuivre votre tour du Vaucluse arménien à Carpentras. Dans cette ville célèbre pour son marché aux truffes et ses produits du terroir, dégustez un verre de vin arménien (même d’abricot !) dans le meilleur restaurant de la ville, Chez Serge, sélection du Guide Michelin 2018. Cuisine française traditionnelle.

Plus d’une centaine d’Arméniens vivent également plus à l’est, dans le parc naturel régional du Lubéron. En 2012, un khatchkar a été inauguré dans l’agréable village de La Tour d’Aigues, à proximité du camping. Arrêtez-vous également à Pertuis, le long de la Durance, pour goûter aux spécialités arméniennes de La Cuisine de Suzanne. Ouvert en 2018, c’est le second établissement de Suzanne, suite au succès de son premier restaurant, dans les environs de Marseille.